Le saviez-vous ?

La peau constitue l'organe le plus important du corps humain. Elle représente 16% de son poids total.

Elle est constitiuée de 3 couches : épiderme, derme et hypoderme, et composée à 70% d'eau, 27,5% de protéines, 2% de matières grasses et 0,5% de sels minéraux et oligo-éléments.

La peau et le système nerveux ont une origine commune. Dans le développement du corps à la base, un groupe de cellules devient le système nerveux qui traite toutes les informations reçues du monde sensoriel et un autre groupe de cellules devient notre peau, enveloppe corporelle, voie de contact vers l'extérieur.

Notre peau est l'enveloppe physique marquant les limites de notre corps mais également l'enveloppe psychique qui dit et cache notre personnalité.

C'est le miroir de l'âme qui peut être le lieu de nombreux conflits intérieurs. Elle joue un rôle de mémoire complémentaire.

Ce qui n'est pas exprimé en mots, peut se traduire en symptômes (rougeurs, éruptions cutanées, allergies).

Notre peau nous informe de notre état intérieur.

D'une extrème sensibilité, elle permet le sens du toucher. Pour les bébés, c'est la 1ère voie de communication avec l'extérieur. C'est en effet le sens le plus développé à la naissance. 

 

Une grande diversité de récepteurs sont répartis sur l'ensemble de la peau, environ 50 par mm2, répartis irrégulièrement. 

Le bout des doigts en est particulièrement bien fourni.

Notre peau contient des milliers de récepteurs sensoriels : les thermorécepteurs sensibles à la chaleur et au froid, les norirécepteurs qui perçoivent la douleur et les mécanorécepteurs, récepteurs du toucher, dont il existe plusieurs types :

Les corpuscules de Meissner : parties du corps dépourvues de pilosité qui réagissent rapidement aux stimulations, détectent les contacts rapides.

Les corpuscules de Pacini : qui se trouvent près des jointures, enfouis profondément dans le derme et qui réagissent très vite aux pressions et sont sensibles aux vibrations.

Les disques de Merkel : se trouvent sous la surface de la peau, en surface du derme, et réagissent aux pressions constantes et continues.

Les corpuscules de Ruffini : plus profonds, qui détectent des pressions sur la peau.

Chaque mécanorécepteur est relié à des fibres nerveuses connectées au système nerveux central.

A-béta, A-delta et les fibres C, qui possèdent elles-mêmes des sous-types spécialisés dans un type de toucher, dont les fibres CT impliquées dans le toucher affectif et d'autres fibres C impliquées dans la perception de la douleur.

La richesse sensorielle des expériences tactiles provient de l'intégration des informations véhiculées par ces différentes fibres. 

Lorsque nous sommes touchés, la partie du corps effleurée envoie des messages nerveux à une partie correspondante du cortex somatosensoriel. Ainsi se trouve localisée le contact, chaque partie du corps étant "projetée" sur une carte appelée : somesthésique. 

Le toucher émotionnel est "projeté" sur une autre partie du cortex cérébral : le cortex insulaire. Forte concentration des fibres CT du toucher émotionnel dans le dos, les épaules, le cuir chevelu et les avant-bras. 

Le cortex insulaire, zone connectée au système limbique, impliqué dans le contrôle des émotions et dans le sens de l'intéroception, nous permet de percevoir nos sensations internes. 

Il est clair aujourd'hui que les neurones du toucher, les fameuses fibres CT, jouent un rôle crucial dans notre "santé émotionnelle" et nos interactions sociales. (Six autres types de fibres ont été identifiées) qui oeuvrent pour véhiculer l'information du toucher délicat jusqu'au cerveau.

A l'occasion de contacts agréables, l'organisme libère une substance : l'ocytocine, parfois appelée, l'hormone du lien, voire hormone de l'amour, cette molécule renforce les liens de confiance et de coopération au sein de notre groupe social et apaise les réactions de stress.

Selon Tiffany Field, la neuroscientifique de l'Institut de recherche sur le toucher de Miami, les massages font chuter le taux de cortisol, la pression sanguine et la fréquence cardiaque, un ensemble de facteurs qui reflète la charge de stress que subit une personne.

Le sentiment que procurent les contacts agréables d'appartenir à une communauté enclencherait des mécanismes neuronaux capables de réduire ces réactions de stress. 

Notre système nerveux n'enregistre pas seulement les propriétés sensorielles objectives de notre environnement, mais aussi la qualité émotionnelle d'un contact. La peau dispose de capteurs spécialisés, des cellules nerveuses sensibles aux différentes caractéristiques des caresses.

Surprenant effet anti-douleur : Plus la zone touchée est proche de la zone souffrante, plus l'effet analgésique est net. C'est "l'analgésie de proximité" liée au toucher. La concentration d'un neurotransmetteur, la sérotonine, grimperait et entraînerait des effets antalgiques.

L'intérêt des massages semble de mieux en mieux reconnu en pratique clinique. Les massages renforceraient notamment le système immunitaire en stimulant la production de cellules qui combattent les tumeurs. Chez des personnes atteintes de cancer, des massages feraient baisser le stress de 4 points sur une échelle de 10, la peur de 3 points et la douleur de 2 points.

 

BIBLIOGRAPHIE 

-  "Le Penser Du Moi-Peau au Moi-Pensant" Didier ANZIEU Ed DUNOD 1994

- "Cerveau et psycho" extraits tirés de l'article intitulé "La force du toucher " N° 24 février 2016